J’écris un message aux familles des victimes et/ou aux pouvoirs publics

Pendant les trois semaines qui précèdent le procès, nous proposons aux habitant·es de Noailles et d’ailleurs de prendre la parole et d’adresser un message aux familles de victimes et/ou aux pouvoirs publics. Vous pouvez pour cela remplir ce formulaire mais aussi vous rendre à la Ressourcerie (47 rue d’Aubagne) ou au Bar du Peuple (30 Bd Garibaldi) pour déposer votre message dans une boite prévue à cet effet. Nous proposons également aux habitant·es de Noailles de partager leurs messages lors de porte à portes.

Ces messages seront ensuite diffusés sur les réseaux sociaux et affichés, notamment autour de la place du 5 novembre. Nous vous en informerons par mail.

[Tribune européenne] Procès de la rue d’Aubagne : le problème de l’habitat indigne est toujours là.

« Que s’est-il passé à Marseille le 5 novembre 2018 ? L’effondrement de deux immeubles, dans la très populaire et centrale rue d’Aubagne, a provoqué une onde de choc dans la seconde ville de France et des marches importantes ont rassemblé les marseillais·es bien au-delà des frontières urbaines et sociales qui fragmentent la ville. Les 8 personnes victimes de ce drame restent pour les marseillais·es les victimes de trop, la marque indélébile de la déliquescence de la gestion municipale sous l’ère Gaudin. Si certaines mémoires s’effilochent, le problème de l’habitat indigne, lui, est toujours là.

Six ans et deux jours après, le procès des mis·es en cause s’ouvrira le 7 novembre 2024 et durera six semaines avec, sur le banc des accusé·es, un panel très significatif de la systémie du mal-logement : propriétaires indignes, bailleur social, élu de la Ville, syndic, expert … Nous, acteurs et actrices de la lutte pour un logement digne, la justice sociale et l’écologie populaire, en France et en Europe, nous nous tiendrons aux côtés des familles de victimes et des marseillais·es mobilisé·es ces prochaines semaines pour réclamer justice et dignité.

De nombreux médias et responsables politiques de l’époque et d’aujourd’hui ont tenté de faire croire à une situation « particulière » à la cité phocéenne. Le procédé est classique mais fallacieux : la soi-disant exagération méditerranéenne ne masque que bien mal ce que les faits n’ont pas tardé à rappeler : l’indignité du logement est un problème aux multiples facettes, répandu dans la France entière. 

Quatre ans plus tard, l’effondrement de Lille faisait à nouveau un mort et d’autres, à Bordeaux ou Toulouse par exemple, nous alertaient du danger, heureusement sans faire de victimes. L’incendie de Vaulx-en-Velin et ses 10 mort·es, pour ne citer que celui-ci, viendra encore une fois plonger des centaines de voisin·es et de proches dans le deuil. A ces événements spectaculaires, il faut ajouter la dégradation lente mais sûre d’habitats anciens ou semi-récents, privés ou sociaux, où l’insalubrité détruit à petit feu la santé de leurs occupant·es. En France et selon la Fondation Abbé Pierre, ce seraient 600 000 logements et 1,3 millions de personnes qui seraient directement concernées par l’habitat indigne (l’insécurité, l’insalubrité, l’inconfort…), 4,1 millions qui seraient plus globalement mal-logées ou non-logées, 12 millions vivant en situation de précarité énergétique … Les situations ailleurs en Europe font enfin écho à celle française : 19,2 millions de personnes vivent dans un habitat indigne selon Eurostat et, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé, l’insalubrité des logements entraîne plus de 100 000 décès chaque année en Europe. 

Plus les loyers et la précarité grimpent, plus des propriétaires indignes en profitent pour exploiter la misère ; plus l’inaction politique continue, plus le problème est mis sous le tapis ; plus la justice souffre, plus les marchands de sommeil sont tranquilles ; plus les personnes étrangères voient leurs droits bafoués, plus les réseaux criminels profitent de la situation ; plus les inégalités salariales perdurent et le service public dysfonctionne, plus les mères isolées se retrouvent en difficulté ; plus le dérèglement climatique se fait sentir, plus nos habitats se révèlent insuffisamment entretenus pour nous protéger : l’habitat indigne fonctionne ainsi comme un révélateur de notre incapacité à assurer à chacun·e l’accès à une vie digne. 

Nous ne manquons pourtant pas de propositions. Les associations et collectifs marseillais ont par exemple rédigé une « proposition citoyenne de loi « rue d’Aubagne » » pour mettre leur expérience au pot commun de la Nation : protection des habitant·es, mécanismes de contrôle et d’anticipation, aide aux petits propriétaires, nouveaux outils administratifs et judiciaires… Nous plaidons par ailleurs de longue date pour une régulation conséquente du marché et la création de nouveaux logements sociaux, afin de permettre à chacun·e de se loger. Si quelques efforts obtenus par nos organisations peuvent être soulignés, tel que le subventionnement de la rénovation énergétique ou le renforcement des peines contre les marchands de sommeil, les précédents gouvernements sont depuis trop longtemps restés immobiles. L’Etat laisse ainsi les collectivités territoriales seules au front de l’habitat indigne, avec des résultats mitigés selon leurs volontés politiques et leurs moyens.

De haute lutte, les mobilisations populaires marseillaises qui ont fait suite au drame de la rue d’Aubagne ont prouvé qu’il était possible d’arracher certaines victoires : protection des habitant·es délogé·es, plan de rénovation, mise en œuvre du permis de louer … Il n’y a donc pas de fatalité : l’entraide mise en place entre citoyen·nes et leur intelligence collective ont fait avancer les choses. 

Les 2 et 3 novembre, à l’appel d’un collectif de 55 organisations marseillaises, nous dirons donc au pays et à l’Europe que nous sommes tous et toutes concernées par l’habitat indigne et par ce procès historique qui s’ouvrira. Nous nous retrouverons lors d’une première Journée nationale de lutte contre l’habitat indigne le samedi 2 novembre* et participerons à la “Marche pour la justice et un logement digne” le dimanche 3 novembre. »

Retrouvez la tribune européenne publiée dans Le Monde ce jeudi 31 octobre 2024.


Liste complète des signataires : 

Signataires de la tribune européenne : 

  • Marie-Hélène Baqué, sociologue, Université Paris Nanterre
  • Zad El Bacha, membre de London Renters Union (Grande Bretagne)
  • Joao Bulas Cruz, membre de Habita ! (Portugal)
  • Sabrina Bresson, sociologue, ENSA Paris Val de Seine, CNRS LAVUE
  • Nathalie Bazire, secrétaire confédérale de la CGT en charge des politiques publiques
  • Laurence De Cock, historienne et enseignante
  • Antonio Delfini, président de l’Atelier populaire d’urbanisme du Vieux-Lille
  • Sue Ellen Demestre, directrice de l’association “Collectif des femmes Dasovas” – Métropole de Lille
  • Amel Doghmane, présidente de l’Alliance Citoyenne – Justice Ensemble 
  • René Dutrey, Secrétaire général du Haut Comité pour le Droit au logement
  • Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL
  • Camille François, sociologue, spécialiste des expulsions locatives, Université Panthéon-Sorbonne
  • Magali Fricaudet et Lilia Santana, Co-présidentes de l’AITEC
  • Romain Gallart, réseau APPUII
  • Thibault Godin, porte parole d’Alda – Pays Basque
  • Robert Guédiguian, cinéaste
  • Murielle Guilbert et Julie Ferrua, co-déléguées de l’Union Syndicale Solidaires
  • Pedro Martin Heras, membre de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca-PAH (Espagne);
  • Cédric Herrou, Emmaüs Roya
  • Eddy Jacquemart, Président de la CNL
  • Paul Lacoste, membre de HALEM (Association d’Habitants de Logements Ephémères ou Mobiles)
  • Khedidja Mamou, architecte, sociologue, ENSA Montpellier, APPUII
  • Valérie Manteau, écrivaine
  • Mohamed Mechmache, co-président de la Coordination Pas Sans Nous
  • Oskar Mieczkowski, Cyprian Kraszewski et Maciej Pieńkowski, membres de Pomorska Akcja Lokatorska (Pomeranian Tenants Action, Pologne)
  • Stela Muci, membre de l’European Action Coalition for the Right to Housing and to the City
  • Emmanuel Patris, urbaniste, co-président d’Un Centre-Ville Pour Tous
  • Magali Payen, fondatrice d’On Est Prêt
  • Philippe Pujol, journaliste
  • Sebastian Schipper, membre de City for All Frankfurt (Allemagne);
  • Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme
  • Benoit Teste, Secrétaire général de la FSU
  • Djangou Traoré, Collectif des habitants du Franc Moisin, St Denis
  • Laurent d’Ursel, membre du Syndicat des Immenses (Belgique);
  • Kevin Vacher, sociologue, membre du collectif du 5 novembre
  • Florian Vertriest, collectif Alma-Gare, Roubaix
  • Nikolaos Vrantsis, membre de HARTA (Grèce)
  • Katia Yakoubi, association Adelphi Cité
  • Youlie Yamamoto, porte-parole d’ATTAC France
  • George I. Zamfir, membre de l’European Action Coalition for the Right to Housing and to the City

Rétrospective : six années d’affiches, six années de luttes, six années de victoires ?

On se demande souvent si nos mobilisation servent à quelque chose, si toutes ces affiches collées dans nos rues, ces pétitions, ces marches, ces actions, ces heures passées en réunions, en permanences d’entraide, en coups de fils, mails et messages… ont permis de faire avancer les choses. Tour d’horizon de six années de mobilisations unitaires pour le logement digne, d’affiches dont certaines sont devenues iconiques… et de quelques victoires qui restent à défendre.

six ans de mob par C5N

Tout comprendre au procès de la rue d’Aubagne

Qui ? Où ? Quand ? Comment s’impliquer ?

Retrouvez en amont du procès plusieurs « zoom » sur les enjeux du procès et ce qui est reproché aux accusés, sur ce site et sur les réseaux sociaux.

Le flyer pour tout comprendre aux principaux enjeux du procès des effondrements de la rue d’Aubagne.

flyer proces rue d’aubagne par C5N

Zoom sur : les « élus indignes »

Zoom procès élus indignes par C5N

2 novembre : la journée nationale contre l’habitat indigne

Le samedi 2 novembre, 54 organisations marseillaises appellent à la première journée nationale contre l’habitat indigne. Cet événement se tiendra dans le 1er arrondissement, à la Casa Consolat (1, rue Consolat), au local de Solidaires 13 (29, bd Longchamp) et au CMA Sénac (6/8 rue Sénac).

Six ans après les mobilisations historiques qui ont suivi les effondrements de la rue d’Aubagne, nous voulons créer un espace commun entre habitant·es, associations, collectifs, syndicats et chercheur·ses pour échanger nos expériences, pratiques de luttes et solutions pour un logement digne.

Autour de deux tables-rondes, quatre ateliers et des moments conviviaux, ce sera l’occasion de tirer un bilan des luttes passées, de nous former et de réfléchir ensemble aux futurs combats à mener partout en France, aux côtés d’intervenant·es venu·es de toute la France et même des USA !

Le programme

13h-14h15 : Plénière : le mal-logement à Marseille et en France – local de Solidaires 13, 29 bd Longchamp

  • Maël Camberlein, Assemblée des délogé·es – Collectif du 5 novembre
  • Collectif des Habitant·es Organisé·es du 3ème arr. 
  • Chantal Bourglan, avocate, co présidente de l’AMPIL
  • René Dutrey, Secrétaire général du Haut Comité pour le Droit au Logement
  • Maider Olivier, Fondation Abbé Pierre

14h30-16h15 : Ateliers 


Atelier 1 : Virer les pauvres : évictions et rénovations urbaines – CMA Sénac, 6/8 rue Sénac

  • Djamila Haouache, collectif d’Air bel
  • Florian Vertriest, collectif de l’Alma Gare, Roubaix       
  • Karine Bellemare, Le Mirail, Toulouse
  • Djangou Traoré, collectif du Franc Moisins, Saint-Denis
  • Un Centre-Ville Pour Tous (à confirmer)


Atelier 2 : Être d’ailleurs et être d’ici : xénophobie, racisme et mal logement – Casa Consolat, 1 rue Consolat

  • Rencontre tsiganes
  • RESF
  • RUSF 
  • Collectif Binkadi
  • Association des usagers de la PADA (à confirmer)


Atelier 3 : Menaces sur la santé et l’environnement : le mal-logement – CMA Sénac, 6/8 rue Sénac

  • Rania Aougaci, collectif d’Air Bel
  • Sue Ellen Demestre, Collectif des femmes Dasovas, Lille
  • Salim Poussin, Locataires Ensemble, Lyon
  • Antoine Devillet, Collectif des gammares-Ruisseau des Aygalades
  • Aïcha Hattab, habitante des Néréides- Bosquet, présidente de l’Association culturelle solidaire espoir pour tous (Acsept)


Atelier 4 – Le marché du mal-logement : s’organiser collectivement face aux propriétaires privés – local de Solidaires 13, 29 bd Longchamp

  • Collectif des Habitant·es Organisé·es du 3ème arr. 
  • Antonio Delfini & Marie Le Ray, Atelier Populaire d’Urbanisme du Vieux Lille
  • Deux membres de la Coordination des Actions Anti-Gentrification et de l’Observatoire de la gentrification
  • Adrien Roux, Alliance citoyenne, Grenoble 


16h30-18h30 : Plénière : Comment s’organiser face au mal-logement ?  – local de Solidaires 13, 29 bd Longchamp

  • TANC, syndicat de locataires en Californie (en duplex)
  • Stela Muci, Coalition Européenne d’Actions pour le Droit au Logement et à la Ville
  • Jean-Baptiste Eyraud, porte parole du DAL
  • Kevin Vacher, Collectif du 5 novembre – Noailles en colère
  • Mélina Foubert, Noailles Solidaires

 19h : Cantine et musique, Square Stalingrad (fontaine des Danaïdes)

L’appel : 55 collectifs, associations et syndicats appellent à la mobilisation

Nous, Marseillais·es, nous nous mobilisons aux côtés des familles de victimes et des mal-logé·es !

Retrouvez et partagez cet appel publié dans les colonnes de la Marseillaise https://www.lamarseillaise.fr/societe/nous-marseillaises-nous-nous-mobilisons-aux-cotes-des-familles-de-victimes-et-des-mal-logees-HM16927088

     Du 7 novembre au 18 décembre 2024 aura lieu le procès dit « de la rue d’Aubagne ». Il entend déterminer les responsabilités dans l’effondrement de deux immeubles, le 5 novembre 2018, provoquant le décès de huit personnes. Ce procès public « hors normes » doit apporter des réponses aux questions et attentes des familles des victimes et de plus de 80 parties civiles constituées.

Seize personnalités physiques et morales poursuivies : Julien Ruas, ex-adjoint de Jean-Claude  Gaudin, des propriétaires privés (dont Xavier Cachard, élu LR à la Région), Marseille Habitat, Richard Carta, expert, le Cabinet Lieutard, syndic du n°65, impliquées dans le drame seront jugées pour déterminer leur responsabilité pénale.

Effondrements et périls ont révélé à tou·tes les marseillais·es l’ampleur catastrophique de l’habitat indigne. Plus de 8000 personnes ont été délogées depuis ces six dernières années. Marseille, devenue symbole du mal logement, a été aussi le théâtre de mobilisations et de luttes exemplaires, remportant de nombreuses victoires. Ceux et celles qui luttent sans relâche pour l’accès à un logement digne pour toutes et tous, contre la chasse aux pauvres, aux immigré·es et la gentrification, se sont réuni·es.

Ce procès concerne chacun·e de nous. Nos organisations appellent aujourd’hui à une pleine solidarité avec les familles de victimes et à faire de ce procès un moment important pour dévoiler au pays ce que les pouvoirs publics ont trop longtemps laissé faire : l’organisation d’un système du mal-logement. Hier comme aujourd’hui, nous devons agir pour exiger des pouvoirs publics des réponses rapides et effectives.

            RETROUVONS-NOUS :

SAMEDI 2 NOVEMBRE : première journée nationale contre l’habitat indigne ; pour nous former, débattre et organiser les luttes à venir, de 12h à 19h. Cet événement se tiendra dans le 1er arrondissement, à la Casa Consolat (1, rue Consolat), au local de Solidaires 13 (29, bd Longchamp) et au CMA Sénac (6/8 rue Sénac). Le programme définitif sera publié cette semaine.

DIMANCHE 3 NOVEMBRE à 13 H pour une « marche pour la justice et un logement digne », du Métro ND du Mont au Palais de justice, en passant par la rue d’Aubagne.

MARDI 5 NOVEMBRE : Hommage des Marseillais·es, place du 5 novembre / rue d’Aubagne, dès 8h30.

D’Octobre à décembre pour diverses actions citoyennes à Noailles et à Marseille, notamment pour organiser un suivi citoyen du procès.

Premiers signataires : Collectif du 5 novembre – Noailles en colère, LDH Marseille, Il fait bon vivre dans ma cité, RESF13, La ManuFabrik, Mouvement Utopia, CVPT, ATTAC Marseille, Noailles Debout, les Minots de Noailles, Centre LGBTQIA+ Marseille, Trans VNR 13, ART’UP 13, DONUT, FRACHI, Groupe de veille grand St Barthélémy, Association CDP13, Primitivi – téloche de rue, Amicale des locataires d’Air Bel,  Adelphi’Cité, Conscience, RUSF13, AOUF, Mouvement des mères isolées, Destination Familles, Soulèvements de la Terre – Marseille, AMPIL, Osez le féminisme 13, Alternatiba Marseille, Mémoire en marche, Collectif des écoles de Marseille, Antifa Social Club Marseille, Observatoire de la gentrification de la Plaine, Groupe de veille Busserine, Association JUST, CHO3, Réseau Hospitalité, FSU 13, FUIQP, Collectif des Bourelly, Collectif Marseille contre Darmanin, Afrofem Marseille, Collectif Al Manba, Association Droits et Habitats, Collectif Tivoli 9 avril, FSU-SUNIPP 13, SAF Marseille, Union syndicale Solidaires 13, Cnt-so 13, Compagnons Bâtisseurs Provence, UL CGT Centre-Ville, INDECOSA-CGT 13, Marseille 8 Mars – Assemblée générale féministe, Association des Usagers de la PADA …

Vous pouvez également partager cet appel :

– sur Instagram : https://www.instagram.com/p/DBYmNVKs2bF/?igsh=eHkwdHlodTRmNmE4

– sur X : https://x.com/C5Nofficiel/status/1848326423024398708?t=IMppJ_gKsjhEU8YGSPoXLw&s=19

– sur Facebook : https://www.facebook.com/share/p/igcmSXpmA4RBEffg/

et vous inscrire sur l’événement Facebook : https://www.facebook.com/events/386440391208059

2e version de la Charte: le C5N est signataire et attend des avancées concrètes

Le Collectif du 5 novembre était présent hier, aux côtés de ses partenaires associatifs, pour signer la seconde version de la Charte du Relogement avec la Ville de Marseille et la Préfecture des Bouches-du-Rhône.

Rappelons d’abord que ce document est unique en son genre, il a été le fruit d’un long combat citoyen et populaire mené de décembre 2018 à juillet 2019. Près de 30 000 marseillais·es avaient alors signé notre pétition, des dizaines d’assemblées de personnes délogées s’étaient tenues pour rédiger sa première version, des manifestations massives, des centaines d’heures de négociations et des rassemblements réguliers avaient permis d’obtenir cette charte. Sous la gouvernance de Gaudin, elle était donc une victoire citoyenne à la saveur particulière, qui avait permis de faire considérablement avancer les droits des personnes délogées (près de 6000 à ce jour, un chiffre qui s’accroit à un rythme continu). Particulièrement pour les propriétaires occupant·es et les occupant·es de bonne foi, elle avait permis leur protection au-delà du droit commun.

Comme cela était prévu dans son ultime section, cette charte a été depuis janvier dernier rediscutée, évaluée et en partie réécrite. Si les discussions ont parfois été complexes, nous nous satisfaisons et nous félicitons du travail réalisé qui a conduit au vote de ce document à l’unanimité du conseil municipal du 1er octobre dernier. Nous tenons également à remercier les personnes délogées qui se sont réunies début juillet pour évaluer l’ébauche de document présentée et faire remonter leurs propositions, la commission des personnes délogé·es qui depuis 3 ans accompagne les familles les plus précaires et l’ensemble des bénévoles, militant·es, collectifs et associations partenaires qui se sont appropriés cette charte depuis sa signature.

Nous ne cessons de le répéter depuis juillet 2019 : il est désormais temps que cette charte, qui engage la Ville comme l’Etat, soit pleinement appliquée. Nous demandons des avancées concrètes quant :

  • à la mise en œuvre d’une commission ad hoc de résolution des conflits à laquelle nous participerons pleinement ;
  • à l’accès aux documents administratifs qui concernent les occupant·es, notamment à la suite de notre interpellation commune avec le Collectif des écoles de Marseille (cf. tribune dans La Provence du 6 novembre 2021) et aux avis positifs rendus par la CADA. Il s’agit également de mettre en œuvre l’accès centralisé et facilité à ces documents (expertises, rapports de visite, de suivi chantiers, factures des travaux, attestations finales…), tel que prévu par la charte. Sans ces documents et au vu des délais très courts de recours après la levée d’un péril par exemple, les occupant·es ne peuvent aujourd’hui pas faire valoir leurs droits. La Ville de Marseille a annoncé hier soir souhaiter travailler pour faire avancer ce dossier avec les collectifs et associations ;
  • au contrôle des situations de décence et de salubrité des logements lors des réintégrations à la suite d’une main levée , un problème crucial depuis maintenant trois ans. Le retour dans des appartements restés indignes est insupportable pour les personnes concernées

Nous souhaitons également soulever d’autres débats sur lesquelles les signataires de la Charte, l’Etat et la Ville, devront avancer ces prochains mois :

  • l’organisation de l’effectivité du droit au retour dans les logements d’origine, si les occupant·es le souhaitent, et la possibilité du maintien d’un habitat populaire en centre-ville. Cela sera notamment un enjeu du Projet Partenarial d’Aménagement (PPA), qui concerne tout particulièrement « l’îlot flottant » à rénover et récemment annoncé par la SPLAI-IN, ainsi que les 4 autres îlots programmés (2 à Noailles et 2 dans le troisième arrondissement). Ce point important de la charte du relogement concerne ainsi l’ensemble des partenaires du PPA et particulièrement la Métropole. Rappelons que le conseil métropolitain avait voté un amendement actant ce principe lors de sa séance du 14 décembre 2018 sous la pression des mobilisations citoyennes, pour l’heure non suivi d’effets ;
  • la mise en œuvre de la convention permanente de l’habitat, annoncée par Michèle Rubirola, alors Maire de Marseille, en octobre 2020. Celle-ci viendrait rendre effective la co-construction du projet urbain futur prévue par la charte ;
  • enfin, il s’agira également d’ouvrir de véritables discussions concernant :

-> les droits des personnes qui auront à être relogées dans le cadre du PPA, une discussion à laquelle la Métropole doit participer à partir de la charte actuelle, ainsi que Xavier Méry, alors adjoint métropolitain aux solidarités, nous l’avait annoncé en juillet 2019 ;

-> l’encadrement des loyers, une mesure possible et nécessaire dans l’ensemble de la ville et qui permettrait en outre d’accompagner l’extension du permis de louer que nous demandons ainsi que la rénovation urbaine à venir. Le gouvernement et les collectivités doivent impérativement rouvrir des discussions à ce sujet ;

->  l’ouverture d’un parc de logements disponibles, que ce soit par l’incitation du secteur privé, la création de logements sociaux (rappelons que la charte prévoit a minima la programmation d’un nouveau logement social pour chaque logement social mobilisé pour le relogement) ou la réoccupation voire la réquisition des logements vacants, possibilité qui avait été ouverte par Michèle Rubirola en octobre 2020.

Pour consulter ou télécharger le document définitif de la nouvelle Charte, ou l’ancienne, voir par ici

Pour une refonte de la SOLEAM

Monsieur le Maire de Marseille, ‌
Monsieur le Préfet de Région,

Nous refusons que se poursuive la politique de renouvellement urbain des vingt-cinq dernières années, qui a conduit au drame de la rue d’Aubagne et à la dégradation du parc de logements marseillais, indignes. Les Marseillais-es ont exprimé par leur mobilisation et dans les urnes leur volonté d’une rupture avec l’ancienne majorité municipale.

Il est inutile de revenir sur les observations accablantes du dernier rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la Soleam, bras armé de la politique de l’habitat et de l’urbanisme du grand centre-ville marseillais. Les faits qui y sont exposés parlent d’eux-mêmes. Aujourd’hui, à travers son président Lionel Royer-Perraut, la Soleam entend poursuivre son action avec des orientations inchangées, et avec pour seule réponse un énième audit. Cette réponse est inacceptable.

Nous demandons donc à l’État et à la Ville de Marseille de soutenir la volonté des habitant-es de refondre la gouvernance de la société d’aménagement, et demandons également qu’une délégation soit reçue afin d’engager un dialogue pour reconstruire les outils du renouvellement urbain dans un réel esprit démocratique, au service de tous les Marseillais et Marseillaises.

Signataires :

Assemblée de la Plaine
Association Art’up 13
Association Donut Infolab
Association Les Compagnons Bâtisseurs Provence
Association Ligue des Droits de l’Homme Marseille
Association Mut Vits 13 Marseille
Association Un Centre Ville Pour Tous
Collectif Brouettes et compagnie
Collectif du 5 Novembre – Noailles en Colère
Collectif Citoyens du 3ème
Collectif Habitants Organisés du 3ème
Collectif La Cabucelle
Collectif Laisse Béton
Collectif Porte d’Aix
Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba
La Dar centre social autogéré
Primitivi

Une clarification quant aux vrais chiffres du délogement

Après une journée européenne de manifestations pour le logement, où 27 organisations et 2000 marseillais.es concerné.es par les conditions indécentes de logement ont défilé dignement, le Collectif du 5 novembre se félicite de cette mobilisation.

Nous regrettons amèrement le peu d’élu.es municipaux présent.es et que la Mairie, plutôt de d’appeler à manifester, ait décidé de communiquer de façon erronée en annonçant que seules 8 personnes seraient encore en hôtel.

Ce chiffre tronqué invisibilise des dizaines de personnes étrangères délogées, hébergées en hôtels par l’Etat mais relevant des mêmes droits et dispositifs partenariaux État-Mairie (a minima une cinquantaine que nous identifions nous mêmes).

Par ailleurs, cette communication rompt avec une règle installée depuis 2 ans et demi, de compter ensemble les personnes en hôtels et appart hôtels (140 personnes selon la Mairie elle-même). D’ailleurs, il y a quelques semaines encore, la Mairie communiquait à la presse le chiffre global de 239 personnes. Il faudrait y ajouter enfin le chiffre de 1000 à 1500 selon nos informations, de personnes en logements provisoires.

Nous invitons élu.es et journalistes à vivre une semaine dans un logement provisoire quasi vide de meubles ou un appart hôtel sans âme pour se convaincre qu’il ne s’agit pas là de solutions viables.

Si nous nous réjouissons de l’avancée que constitue ce premier pas, nous nous étonnons simplement du timing et de ces « oublis » alors que nous avons la semaine dernière pu enfin ouvrir des dossiers importants concernant l’application de la charte du relogement lors de son second comité de suivi de cette mandature. Il aurait été préférable d’en rester là et acter fermement la mise en place d’une égalité des droits.

Nous communiquerons très prochainement sur les avancées obtenues grâce à la pression citoyenne constante. Surtout, nous souhaitons vivement que l’Etat, la municipalité et les collectifs puissent trouver une entente pour enfin bousculer la Métropole vers un plan de rénovations sérieux, la facilitation des aides de l’Anah, l’extension d’un véritable permis de louer etc. C’était là le mot d’ordre de la banderole de tête de la manifestation unitaire d’hier, que les élu.es du conseil municipal n’ont pas souhaité rejoindre.

Enfin, nous rappelons la promesse de Mme Rubirola le 28 octobre dernier de mobiliser si nécessaire le pouvoir de réquisition, une nécessité absolue pour les 100000 mal logés de Marseille, un pouvoir relevant des compétences de la Mairie et de l’Etat.

Mal logement: Martine Vassal toujours pas concernée

Plus de deux ans après les effondrements de la rue d’Aubagne, 8 morts, et 5000 personnes délogées, Martine Vassal « attend » d’agir sur l’habitat indigne et les marchands de sommeil.

Ce samedi 20 mars, dans un entretien de près d’une heure accordée à la Provence et titré sans parti pris « Vassal ne lâche pas Marseille », la présidente de la métropole a accordé 3 minutes pour répondre à la politique de lutte contre l’habitat indigne. Elle en a en effet la responsabilité depuis le transfert en 2016 des compétences, des moyens et du personnel anciennement attaché à la ville.

Sur la crise du mal logement révélée après le 5 novembre 2018, Martine Vassal répond en une phrase, courte : « il faut demander à la ville ».

Cette défausse est pour le moins surprenante si on la confronte aux annonces, porteuses d’espoir, formulées par la présidente de la métropole au lendemain des effondrements de la rue d’Aubagne : un grand plan de lutte contre l’habitat indigne voté, 600 millions d’euros, la signature d’un Projet Partenarial avec l’Etat, la création d’une grande société publique locale d’aménagement d’intérêt national (SPLAIN) pour animer et mettre en œuvre une stratégie pilotée par… la métropole.

Depuis : rien, ou presque. Le mois dernier, soit près de 2 ans et demi après ces annonces, a enfin été nommé le directeur de la SPLAIN, mais les équipes n’ont pas été recrutés. Une coquille vide.

Dans cette fuite en avant irresponsable, la métropole a proposé à la Ville d’assurer la « concertation » : normal quand on sait que sa présidente refuse systématiquement tout dialogue avec les habitants, les associations et collectifs mobilisés sur ces questions. Un cadre d’échange existe pourtant, auquel sont associés l’état et la ville : le comité de suivi de la charte de relogement, cet outil que nous avons porté pour accompagner les personnes délogées après un arrêté de péril ou d’insalubrité. Mais silence.

La métropole n’est cependant pas restée inactive sur le plan politique : elle a bloqué l’élaboration du Plan Local de l’Habitat, outil central de définition de l’offre de logement sur le territoire, construit le plan local d’urbanisme le plus ségrégatif de l’histoire de Marseille avec la quasi absence de logements très sociaux (aujourd’hui attaqué en justice), et refusé l’encadrement des loyers, une proposition portée par la société civile et l’actuelle majorité municipale mais dont elle a le dernier mot, et pourtant un des leviers contre le marché spéculatif immobilier et les marchands de sommeil. Enfin, les résultats du permis de louer sur le quartier de Noailles restent extrêmement faibles.

Nous sommes atterrés par les propos irresponsables de la présidente de la métropole, que les marseillais n’ont pas élu mais qui pourtant a le pouvoir d’agir (ou de ne pas agir). Comment abandonner 100 000 marseillais vivant dans des taudis et un tel chantier du mal logement après le drame que nous avons connu?

Retrouvons nous samedi prochain 27 mars pour dire non à la métropole du mal logement dans le cadre d’une grande manifestation européenne ! Départ à 12h30 Place Cadenat, 3ème arrondissement, deuxième point de ralliement à 14h30 aux Reformés, 1er arrondissement

Le collectif du 5 Novembre – Noailles en colère