Nous voulions juste savoir comment vous vous sentiez 6 mois après le drame de la rue d'Aubagne et un peu plus tard la mort de Zineb Redouane.
Nous ne sommes pas des professionnelles, nous avons déambulé dans Marseille, pour savoir qui vous étiez, qui vous étiez devenu.es 6 mois après...
Alors nous vous avons simplement posé cette question :

 

T'es qui toi ?

 

Rue d'Aubagne

T'es qui toi ? Oui, toi qui habite, travaille ou aime ... la rue d'Aubagne.
T'es qui toi, 6 mois après
6 mois après les effondrements de la rue d'Aubagne
6 mois après la mort de Ouloume, Marie-Emmanuelle, Simona, Fabien, Julien, Taher, Chérif, Niasse

Raconte nous

Sadia

" Depuis le 5 novembre, Je n'ai jamais remonté la rue d'Aubagne"

Ali

"Depuis le 5 novembre 2018, c'est là où la vie s'est arrêtée rue d'Aubagne."

Chouaib

"Je demande au maire de Marseille qu'il s'occupe des gens qui sont à la rue, voilà. Merci M.Gaudin"

Kerim

"Ce n'est pas normal qu'il soit tombé... Huit personnes qui sont mortes ici, ce n'est pas normal... c'est pas bien ça."

Hafid

"C'est mon quartier depuis tout petit... on est encore choqué par rapport à l'immeuble qui est tombé."

Réalisé le 19 avril 2019 par Maroua, Elen et Stéphanie

PORTE D'AIX / BEAUVAU / PREFECTURE

PORTE D'AIX

Edouardo à Coco Velten

12 avril 2019, le collectif du 5 novembre avait prévu un grand pique nique porte d'Aix.
Le rendez-vous avait été fixé à 11h30 ( enfin 11h45 pour tout bon marseillais qui se respecte) mais la place était déjà inaccessible depuis bien longtemps. Depuis quelques heures des hommes bleus montaient la garde, contrôlaient les identités et kidnappaient des banderoles. Il faut dire qu'il se passait un truc méga important : la visite d'Edouardo ( identité modifiée pour garantir l'anonymat de la personne ) à Coco Velten.
Exit notre pique nique sur les bancs bétonnés de la place, on s'est tous retrouvés parqués du côté de la bouche de métro. Alors on a entamé des chants de soutien à Edouardo & Cie, la bouche pleine de taboulé, entre deux inhalations de gaz de pots d'échappement. C'était chouette !

 

Ambiance !

Interviews

Martin

"Toujours à l'hôtel, toujours en colère."

Domi

"Combien de crs derrière nous? Pourquoi? Simplement parce qu'on dit que des personnes doivent réobtenir le droit de manger décemment..."

Laurent

"Ceux qui étaient dans une situation de danger sont de plus en plus en danger."

Dominique

"Tant que j'allais d'hôtel en hôtel, c'était tellement la survie que je ne m'en rendais pas compte."

Karim

"Pour défendre la justice."

BEAUVAU

"Au Diplomate"

Un peu déçus, nous quittons la porte d'Aix sans savoir ce qu'à mangé Edouardo.
Tant pis, nous nous dispersons stratégiquement dans le calme et en toute discrétion, pancartes en berne,  afin de rejoindre 1rue beauvau où Julien Denormandie devrait faire une apparition ( with miracle or not miracle ? ).
En attendant, nous admirons l'arrivée de sa garde rapprochée venue en repérage.
Celle-ci se trompe de porte préférant la classieuse de l'hôtel d'à côté à celle miteuse de l'EAPE ( Espace d'Accueil des Populations Evacuées qui a ouvert ses portes le 19 novembre 2018 ).
Oui, parce que l'EAPE ne fait rêver personne.

 

Discussions

Aïcha

"Je me sens déçue, j'ai l'impression qu'on nous enlève notre dignité au quotidien et un peu plus. En s'asseyant concrètement sur nos droits fondamentaux."

Antonin

"La prise en charge et la réponse institutionnelle n'est toujours pas à la hauteur."

Kamel

"On lâchera rien, on sera dans la rue même à crever de faim."

Anne-Marie

"Pouvoir agir avec un collectif, ça booste... ça me permet de pouvoir agir auprès des gens, de les aider à la mesure de ce qu'ils ont besoin "

Baya

"Je suis avec eux, pour savoir où on en est, où je vais... on aura peut être un peu de chance."

Hafid

"Je me sens très triste... triste pour les mères de famille, les enfants qui galèrent, pour qui ils n'arrivent pas à trouver des solutions. "

Margaïd

"Je suis en colère mais aussi pleine d'espoir quand je vois toute la mobilisation... cette énergie qu'il y a en ce moment à Marseille."

PREFECTURE

Palabres avec Julien Denormandie

Dernier round de la journée.
On a mal aux pieds, on n'a pas mangé et les hommes bleus sont de retour.
On ne saura rien du repas d'Edouardo alors qu'il y avait plus de chance d'obtenir une réponse à cette question plutôt qu'à celle du sort des délogé.es de Marseille.
Comme je n'ai pas de photo de la préfecture, je vous en mets une de la mairie de Marseille la mieux protégée de France contrairement à ses citoyens.
Je crois que j'ai une indigestion...

Paroles

Sanae

"On ne voit pas la fin...Tous les enfants des délogé.es vont voir le psychologue... On ne peut pas décider notre vie, on ne peut pas programmer... peut être que du jour au lendemain on va sortir de l'hôtel, on ne trouvera pas de place à l'hôtel..."

Kevin

"On va lui demander si lui il a bien mangé pendant qu'on enlève les cantines aux délogé.es."

Maël

"En tant que propriétaires, on n'a toujours pas notre emprunt qui est suspendu...il n'y a pas d'action juridique qui avance et on ressent qu'on n'a pas d'informations ."

Fathi

"On a du lui préparer des patates fantaisies...tout ce que ne mange pas au quotidien les gens qui sont délogés. Un dernier mot? Qu'il dégage!"

Un grand merci à toutes les personnes qui ont bien voulu me parler. On ne lâche pas !
Stéphanie

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